Le pavillon de l'ancienne abbaye Notre-Dame-de-Joye




Le pavillon "emballé" dans son échafaudage.

            Depuis le mois de septembre 2008, une intense activité a saisi un lieu ordinairement paisible du parc du Haras. Au bord du chemin de halage, le petit pavillon accoudé au mur au bord du Blavet a totalement disparu sous les échafaudages.

            Suite à son acquisition par la Ville, le programme de restauration de l'ancien «logis des confesseurs» a débuté. Il s'étalera sur onze mois pour la partie relevant strictement du volet Monument historique.  

Chantier hautement spécialisé

            Si la Ville est propriétaire, le statut d'édifice protégé au titre des Monuments historiques du pavillon implique la présence d'un architecte spécialisé, l'architecte en chef des monuments historiques, maître d'oeuvre du projet. C'est l'agence de Mme Marie-Suzanne de Ponthaud qui assure cette mission. De même s'il n'existe pas à proprement parler d'agrément particulier pour travailler sur un monument historique, les entreprises retenues présentent toutes les qualités et références requises pour ce type de chantier. Pour la Ville, maître d'ouvrage, c'est Pierre Laurent Constantin, médiateur du patrimoine, qui suit le projet.

            Les interventions qui vont avoir lieu tout au long de ce chantier de presque une année concernent la maçonnerie et la pierre de taille, la charpente, la couverture, la ferronnerie et la peinture.

            L'idée générale est de donner à  l'édifice un aspect le plus conforme possible à celui du XVIIe siècle - il fut construit dans les années 1669 - notamment pour les parties visibles. Elles seront donc reprises à  l'identique et sans apport de matériaux anachroniques.

La préparation du chantier

            En lien étroit avec le Syndicat mixte, gestionnaire du site, les premières interventions ont consisté à délimiter les espaces autour du bâtiment notamment pour la future zone d'épandage  et recréer un chemin équestre et l'enclos attenant. En partenariat avec les services techniques de la Ville, les réseaux Eaux, EDF et Télécom ont été acheminés pour alimenter le pavillon.

             L'édifice a ensuite été entièrement «emballé» dans un échafaudage jusqu'à être recouvert d'un vaste parapluie destiné à  le protéger des intempéries.

Premières interventions sur la maçonnerie

            L'intérieur du pavillon a été vidé de ses lambris, plafonds et planchers afin de pouvoir examiner la maçonnerie, la charpente et d'entreprendre les premiers travaux. C'est l'entreprise Quélin de Châteaugiron qui se charge de la maçonnerie et  de la taille de pierre. Deux types de pierre sont utilisées dans le bâtiment : du granit, soit en bloc taillé soit en moellons, du calcaire - pierre de Richemont et en pierre de tuffeau -. Le granit est utilisé principalement pour le gros oeuuvre (chaînage d'angle, murs,...) et le calcaire pour les fenêtres et les pièces ouvragées comme la corniche ou la coursive avec ses colonnes et balustres.

            Une importante  intervention en maçonnerie aura lieu sur la tourelle sud qui renferme l'escalier. Il s'agit de reprendre sa base dont les pierres de tuffeau ont souffert.

            L'enduit des murs a aussi été totalement piqueté mettant à nu l'appareillage - c'est-à -dire l'assemblage des pierres - de moellons. Il est apparu à cette occasion, que la petite fenètre située entre les deux tourelles n'est pas un percement d'origine. Cette ouverture n'a du être réalisée qu'au début du siècle. Le bâtiment était complétement aveugle du côté de l'entrée de l'église abbatiale hormis les deux oculi des tourelles. De même, la cheminée a été coiffée de part et d'autre des mitrons avec des fragments des bases de colonnettes appartenant sans doute à l''ancien cloître de l'abbaye.

 La charpente : les dégats du passé

            La couverture d'ardoises de l'édifice a été retirée laissant apparaître le formidable squelette de la charpente. Celui-ci a subi de nombreuses interventions notamment au dèbut du XXe siècle qui ont perturbé et dénaturé l'état initial. Certaines pièces de bois ont été coupées, d'autres ajoutées sans aucune considération pour la structure originelle. Cachée sous la couverture et derrière le lambris, la charpente a bien souffert. Une étude a été menée pour connaître le degré d'attaque de la charpente notamment par la vrillette, ce petit coléoptère ravageur du bois.

            Au vue des pathologies importantes dont elle souffre, la charpente a subi un démontage complet. Son absence va permettre de reprendre la maçonnerie en haut des murs pour l'assise de la nouvelle charpente. Les solives du plancher du second étage vont être bientôt posée. La longue poutre qui repose sur les quatre colonnes de la coursive va elle aussi être changée. Elle accuse un fléchissement important et c'est sur elle que repose notamment la partie ouest de la toiture dont la lucarne. Ce travail du bois - charpente et menuiserie - est réalisé par l'entreprise Asselin de Thouars.

Une occasion de découverte pour les lycéens d'Hennebont

            Dans le cadre des activités de médiation proposées par le service Archives-Patrimoine, une demi-douzaine de lycéens de Notre-Dame-du-Voeu ont travaillé sur l'histoire et le chantier du pavillon. Faisant partie du dispositif du Temps d'enseignement personnalisé, les élèves créeront la une d'un petit journal reprenant pour thême la découverte du bâtiment et du chantier de restauration.

 


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Le Pavillon de l'abbaye d'hier à aujourd'hui : Une «porterie» qui n'en est pas une




Le pavillon avant sa restauration.


 

     Tout flâneur sur le chemin de halage a aperçu ce petit bâtiment quadrangulaire accoudé au mur du Haras. Devenu depuis peu propriété de la Ville, il va bientôt se couvrir d'échafaudages afin de retrouver son lustre d'antan. Une importante campagne de restauration initiée par la Ville avec l'appui technique et le concours financier de la Conservation régionale des Monuments historiques (DRAC-Bretagne), le Conseil régional et le Conseil général du Morbihan débute en 2008.

 

Un témoignage d'une histoire de trois siècles

 

 

      Sur cet édifice, deux dates sont gravées à même la pierre : 1669 et 1922. La première, au fronton d'une lucarne donne sa «date de naissance » et la seconde rappelle son entrée dans le domaine des Haras nationaux. Mais sa dénomination pose encore question : « porterie», «pavillon en dehors», «logis des confesseurs» et même curieusement «maison des cochons». Qu'en est-il vraiment ?

 

 

 

      Il est un des deux seuls souvenirs, avec le logis abbatial, de l'ancienne abbaye Notre-Dame-de-Joye. Cette abbaye féminine d'obédience cistercienne fut fondée à la fin du XIIIe siècle par la duchesse de Bretagne, Blanche de Champagne. Au moment même où Jean Ier le Roux, son mari, protégeait Hennebont derrière ses remparts. Les bâtiments de l'abbaye souffrirent d'un incendie en 1516 et durent être reconstruits. Avec sa toiture en courbes et contre-courbes, l'utilisation du granit mais aussi de la blonde pierre calcaire de tuffeau et ses deux échauguettes, le pavillon est un témoignage remarquable de l'architecture du siècle de Louis XIV.

 

Qu'est ce qu'une porterie d'abbaye ?

     Sur un dessin du XVIIIe siècle, conservé la Bibliothèque nationale de France, le petit édifice est clairement visible accompagné de la légende «pavillon en dehors». La précision, «en dehors», signifie sans doute qu'il ne fait pas partie de la clôture où vivent, recluses, les moniales. Une habitude lui a cependant donné le nom de «porterie».

      Or la porterie d'une abbaye est un lieu important. Elle s'ouvre sur l'extérieur et se compose d'un ensemble de bâtiments destinés à accueillir et éventuellement loger visiteurs et pélerins. Sur le dessin de la BnF, cet ensemble des bâtiments dont la «chambre des hôtes» est clairement visible mais à l'opposé du pavillon. C'est aussi à cet endroit qu'aboutissait le «chemin d'Hennebont» que se trouve la porte d'entrée, encore visible aujourd'hui. Difficile dès lors de faire du pavillon l'entrée de l'abbaye d'autant plus qu'à cette époque le Blavet n'est pas canalisé. Sans doute ce pavillon était destiné à loger les prêtres chargés des célébrations religieuses à l'abbaye.

 

     Le pavillon survit à l'expulsion des moniales en 1792 et à l'installation d'une usine dans l'abbaye au XIXe siècle. Alors que le démantélement de celle-ci achève de faire disparaître le reste de l'abbaye : église abbatiale, cloître, réfectoire...  Il a du prendre le nom de porterie à cette époque alors qu'il faisait office de conciergerie pour les propriétaires du logis abbatial transformé en résidence.

 

Vers une renaissance

 

     Bâti au XVIIe siècle, propriété des Haras nationaux depuis 1922, le pavillon est classé au titre des Monuments historiques depuis 1921. Il entre aujourd'hui dans une troisième étape de sa vie. Une importante campagne de restauration commence, destinée à rendre un aspect plus digne au « pavillon de l'abbaye», puisqu'il faut bien à présent le nommer ainsi.

 

 

 

Pierre Laurent Constantin, médiateur du patrimoine

   

 

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